Ils l'avaient vraiment bien préparé ce match. Ils voulaient vraiment faire quelque chose ce soir. Mais ils sont vraiment tombés sur des Blacks EX-CEP-TIO-NEL ! Exceptionnel, c'est le terme juste. Ce France-Nouvelle Zélande était probablement attendu comme le match de l'année pour le public français, un des sommets de la saison sur la planète ovale toute entière. Rien que ça... Les Blacks avaient soif de revanche et ça se comprenait facilement : lors des 3 derniers France-Nouvelle Zélande, les Bleus s'étaient imposés à deux reprises, une fois en quart de finale de Coupe du Monde à Cardiff, l'autre en juin dernier à Dunedin.
Une affiche exceptionnelle pour un Vélodromme tout acquis à la cause des récents vainqueurs de l'Afrique du Sud et des Samoa. Et tout commença superbement : une première mêlée incroyable des Bleus offrait l'occasion à Dupuy d'ouvrir le score (3 - 0, 3ème). Ce fut hélas un des seuls temps fort tricolore. Car la leçon de rugby commençait déjà. Les Blacks percèrent le première rideau tricolore et sur le temps de jeu suivant, Sivivatu marqua (7 - 3, 9ème). Simple mais terriblement efficace. Les Bleus essayaient de s'accrocher et réussissaient à scorer sur deux pénalités de Dupuy (6 - 7, 16ème, puis 9 - 7, 19ème). Mais les Néo-Zélandais reprirent immédiatement le score. La relance d'école de Sivivatu, pour Mulianu, termina dans l'en-but des Tricolores (9 - 12, 23ème). Un vrai sentiment d'impuissance devant cette vitesse, cette fluidité blacke. La défense française n'était pas en reste mais comment stopper cette rapidité de jeu époustouflante ? Et ce n'était pas fini du calvaire des Français. N'en démontre cette prise de pouvoir des Néo-Zélandais sur le point fort français du début de match : la mêlée. Après la pénalité de Carter (9 - 15, 29ème), les Blacks enfoncèrent cette mêlée française à 5 métres de l'en-but, et Read n'eut plus qu'à applatir le ballon en terre promise (9 - 22, 32ème). Le drop de Trinh-Duc permit aux siens de garder un espoir avant la mi-temps (12 - 22, 35ème). Lorsque Mr Rolland siffla la pause, une seule certitude s'imposait. Les Blacks venaient probablement de livrer la meilleure première période de leur tournée d'automne, à voire une des meilleurs de toute leur saison. Et il fallait que ça tombe sur la France, qui bien que plutôt bonne, était tout simplement dominée par plus forte qu'elle.
Même les rares temps forts tricolores ne furent pas exploités : Dupuy ratait deux fois face aux perches, Clerc n'était pas bien loin d'inscrire l'essai de l'espoir suite à une percée de 40 mètres. Mais ce fut tout. Traille manquait sa réception, et aux petites causes les grands effets, une pénalité s'en suivit et Carter corsa l'addition (12 - 25, 51ème). Carter qui, face à la baisse physique des locaux, commença son festival. De la petite chistera, à la percée de 50 mètres, en passant par un petit coup de pied par-dessus somptueux, le 10 catalan fut incontestablement à l'image de son équipe. Impérial. Impérial quand Cory Jane d'un coup de botte par-dessus, alla à nouveau visiter l'en-but tricolore (12 - 32, 62ème). Impérial de clairvoyance quand Smith prit le côté fermé sur une grosse erreur de Clerc pour parachever le score avec un cinquième essai (12 - 39, 71ème). C'était tout mais déjà largement assez.
Les Bleus sont ce soir redescendus de leur petit nuage. Mais malgré la leçon offerte par les Blacks, n'enlevons pas aux Français l'exploit réalisé face à l'Afrique du Sud ou encore l'excellente rencontre contre les Samoans. Le score ce soir est sévère mais ne retire en rien ce qu'on a dit précédemment, ce qu'on pense de cette équipe. Les Blacks, on le sait, sont les seuls capables sur la planète rugby de mettre 40 points sur un match à n'importe quelle formation, y compris l'Australie ou l'Afrique du Sud. Et sur un match de développer un tel jeu : tout les compartiments furent néo-zélandais dans cette rencontre. Alors voilà, on a pas envie de tirer à boulets rouges sur les Bleus ce soir, malgré un match où ils mirent beaucoup d'envie et de combativité, mais plutôt de féliciter cette énorme équipe black, malmenée par la presse après de nombreuses performances médiocres. Nous on retiendra surtout le fait qu'un groupe s'est formé côté tricolore lors de cette tournée et que ce type de défaite sera nécessaire à l'apprentissage de cette jeune équipe. Les Blacks, on les retrouvera plus tard, en 2011, pour la Coupe du Monde, ils seront dans notre poule. D'ici là, le chemin est encore bien long !